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SAINT AMOUR (2016) - Cinemaniacs.be
SAINT AMOUR


L'histoire d'un père et d'un fils, agriculteurs, dont les relations sont conflictuelles. Pour tenter de nouer une nouvelle complicité, ils partent sur la route des vins, avec un taxi parisien, croisé à la sortie du Salon de l'agriculture.



Le cinéma des 2 compères Benoît Delépine et Gustave Kerven est joyeusement décalé par opposition au cinéma hexagonal en général formaté jusqu’à l’ennui. Il vous a un côté anar. plutôt réjouissant, mettant sur la route des personnages un peu cabossés mais heureux de vivre, même avec des creux, des moments difficiles, dont ils se sortent par leur humour absurde, leur tendresse, et aussi leurs franches déconnades (Le Grand Soir, Mammuth). Le regard qu’ils posent sur la société du fric ne manque pas de sel. Dans leur dernier film, tous les ingrédients sont réunis pour une grande partie de comique débridé , avec vue sur un monde en déglingue, mais qui vaut tout de même la peine d’être vécu parce qu’il est possible de se libérer de ses forces les plus imbéciles. Avec un bémol, on aurait aimé rire davantage de ce rire grinçant qu’ils excellent pourtant à faire naître et croître. Depardieu et Poelvoorde, ici père et fils, réunis pour un road movie à travers la route des vins, conduits par un jeune chauffeur de taxi (Vincent Lacoste, excellent) à peine moins fêlé qu’eux. Le sujet, ce n’est pas le vin, bien sûr loin d’être absent, ce sont les rencontres souvent saugrenues d’hommes et de femmes, toujours sympathiques, mais poursuivis par l’ange du bizarre. Imaginez nos 3 énergumènes tout contents d’avoir trouvé une chambre d’hôtes à 70 Euros la nuit, dans une maison tenue par… Michel Houellebecq, qui vous régale en une scène ou deux d’un talent comique que son écriture ne permet pas nécessairement de deviner. Jean(le père, agriculteur fier de son métier) et Bruno(le fils, plutôt à la dérive et qui crève de solitude) essaient de se rapprocher, en détruisant pas mal de non-dits et en se découvrant mutuellement l’amour qu’ils continuent à porter pour leur épouse et mère décédée. Les moments touchants ne manquent pas : Depardieu y va de son personnage de géant débonnaire, Poelvoorde dissimule avec une maladresse pleine de tendresse la conviction de n’être rien. Mais les rencontres amoureuses, même insolites, peuvent tout changer. On peut regretter que ce film n’ait pas la folie des films précédents de Delépine et Kerven. Comme s’ils avaient voulu pour cette fois être plus sages. Mais malheureusement, ils ont affadi leur vision de la société, on les aime plus corrosifs et, osons le dire, leur méchanceté manque parfois. Ils auraient pu engager les 2 monstres que sont Depardieu et Poelvoorde sur une voie plus à la mesure de leur…démesure. Ils sont ici ce qu’on peut logiquement attendre d’eux, sans plus. Que l’histoire parte dans tous les sens, c’est ce qu’on attend de ces 2 réalisateurs si nécessaires au cinéma français. Mais il manque un brin de folie à cette absurdité.

Jean-Pierre Sculier




2016
France Belgique
Comédie
1h41


Realisateur

Benoît
Delépine



Gustave
Kervern




Acteur

Gustave
Kervern

(L'oncle)


Gérard
Depardieu

(Jean)


Benoît
Poelvoorde

(Bruno)


Vincent
Lacoste

(Mike)


Céline
Sallette

(Venus)


Andréa
Ferréol

(La femme du petit-déjeuner)


Chiara
Mastroianni

(La patronne de la baraque à frites)


Izia
Higelin

(L'ex de Bruno)


Ana
Girardot

(La jumelle)


Michel
Houellebecq

(Le propriétaire de la maison d'hôtes)



Blutch

(Le gars stand Alsace)


Xavier
Mathieu

(Didier)


Solène
Rigot

(Jennifer, la serveuse du restaurant)


Voix

Yolande Moreau
(Voix répondeur femme de Jean)

Scenariste

Benoît Delépine

Gustave Kervern

Producteur

Benoît Delépine

Gustave Kervern

Jean-Pierre Guérin

Compositeur

Sébastien Tellier

Date de Sortie

Belgique
02/03/2016
France
02/03/2016