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MY SWEET PEPPER LAND (2014) - Cinemaniacs.be
Au carrefour de l'Iran, l'Irak et la Turquie, dans un village perdu, lieu de tous les trafics, Baran, officier de police fraîchement débarqué, va tenter de faire respecter la loi. Cet ancien combattant de l'indépen- dance kurde doit désormais lutter contre Aziz Aga, caïd local. Il fait la rencontre de Govend, l'institutrice du village, jeune femme aussi belle qu'insoumise...
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Un village perdu dans les montagnes, au carrefour de l’Iran, de l’Irak et de la Turquie, dans un Kurdistan tout juste libéré de la tyrannie de S. Hussein. Dans ce lieu sauvage, une sorte de saloon (d’où le titre du film) mais sans beuverie, sans musique, sans danseuse, ,sombre, hanté par des hommes taiseux qui ne sont pas là pour rigoler !Une sorte de lieu de rassemblement de tout ce qu’une société archaïque peut « offrir » de préjugés machistes, qui n’a de place que pour les valeurs claniques appelées à se perpétuer sans jamais se remettre en question. Au milieu de cette brutalité, un homme et une femme s’acharnent à rester libres, maîtres de leurs vies. Rude combat, violent et sans merci. Revoici le spectateur plongé dans cette lutte qui paraît sans fin contre l’obscurantisme qui ne semble guère avoir reculé malgré l’indépendance récemment acquise ! La famille étouffe, interdit tout choix libre, il faut en passer par toutes les conventions qui prétendent maintenir l’homme et la femme dans leurs rôles ancestraux.
Oui, mais voilà, le réalisateur Hiner Saleem, d’origine kurde, choisit des voies inattendues pour réussir un film poignant, passionnant, presque de bout en bout . Drôle aussi, avec un dose savoureuse d’absurde et de burlesque, qui se dissout malheureusement au fil des séquences. Le début du film donne le ton, le réalisateur a choisi l’humour et la légèreté pour mieux dire les difficulté à créer un nouvel espace de démocratie .Le réalisateur a pris plaisir à jouer avec les codes du western, avec son shérif, ses hors-la-loi, ses chevaux fougueux (magnifique combat de ces 2 chevaux dont la sauvagerie symbolise à elle seule tout un décor, aussi violent que beau. Et puis il y Govend, l’institutrice, la rebelle, qui veut exercer son métier, qui refuse tout mariage arrangé par sa famille, qui fuit la dictature de ses frères, qui écoute de vieilles chansons françaises, et joue du hang seule dans les montagnes, pour distraire sa peine : le hang, un superbe instrument venu d’ailleurs (merci les Suisses !) Sublime Golshfiteh Farahani (déjà si émouvante dans Pierre de Patience), lumineuse de volonté et de fragilité à la fois. Regardez-la , émerveillez-vous d’elle, sa beauté est comme la promesse d’une aube nouvelle qui aurait fait reculer la barbarie. Un rêve, quoi !
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