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Rencontre avec nos stars préférées



John Terry

Lost


"Lost peut se décrire à mi-chemin entre The Twilight Zone et Koh-Lanta…"


Propos recueillis par Laurent De Groof © à l'occasion de FACTS 2006 (octobre 2006).





Cinemaniacs : Comment avez-vous été choisi pour interpréter le père de Jack ?

John Terry : J’étais en tournage dans le Montana lorsque mon agent m’a contacté pour m’annoncer qu’on voulait m’offrir le rôle du père de Matthew Fox dans la série Lost. Ils avaient déjà tourné le pilote. C’était donc pour apparaître dans le premier épisode. J’ai demandé tout naturellement de m’envoyer le pilote afin de juger par moi-même de quoi il en retournait, qui étaient les personnages et quelle était l’histoire. Dès les premières images, j’ai été convaincu que ce serait une grande série et j’ai signé les yeux fermés. J’ai toujours eu un sixième sens pour ce genre de chose.

Cinemaniacs : On découvre votre personnage uniquement à travers des scènes de flash-back. Existe-t-il une histoire continue du docteur Christian Sheppard ?

J. Terry : Non. Mon rôle est très différent de ceux d’autres séries conventionnelles parce que je n’apparais justement pas dans la continuité de l’histoire. J’ai rapidement compris que ma fonction était avant tout d’apporter un soutien au personnage de Matthew, de lui donner sa raison d’être et son background.

Cinemaniacs : En quoi Lost est-elle si différente des autres séries d’aujourd’hui ?

J. Terry : Je n’ai jamais rien vu de tel. Lost peut se décrire à mi-chemin entre The Twilight Zone et Koh-Lanta… et beaucoup plus. (rires) Non, c’est bien mieux que Twilight Zone. Rod Serling a créé une série qui avait quelque chose à dire sur la nature de l’humanité. Il s’est intéressé à notre raison d’être sur cette planète. Je pense que les scénaristes de Lost tentent de suivre le même chemin. Ils ne parlent pas de jeunes ados friqués d’une petite ville du fin fond du monde qui passent leur temps à se chamailler. Lost soulève des questions comme qui sommes-nous ? Que faisons-nous sur cette terre ? Que faisons-nous à qui ?... On parle de grands sujets, même si la série reste un divertissement. Les scénaristes sont très intelligents et dans bien des domaines.

Cinemaniacs : Une grande partie de la réussite de Lost réside dans son casting…

J. Terry : En effet, on retrouve un large éventail de races, de physiques, de couleurs et de sexes de façon à ce que n’importe quel spectateur puisse s’identifier à l’un des personnages. Ce ne sont pas toutes de belles personnes d’Hollywood. Ils ne sont pas typés à la manière hollywoodienne. C’est une série très intelligente…

Cinemaniacs : Pouvez-vous nous parler de votre travail avec J.J. Abrams ? Est-il fort présent sur les plateaux de tournage malgré son emploi du temps fort chargé (ndlr la réalisation de Mission : Impossible III et la fin de Alias) ?

J. Terry : J.J. n’a jamais été présent sur le tournage des premières saisons. Mais j’ai appris qu’il s’impliquerait davantage dans la réalisation de la troisième saison. Il a été fort pris cette année sur Mission : Impossible 3. Il est venu quelque fois sur le tournage mais je ne l’ai pas vraiment rencontré, n’étant moi-même pas toujours présent. Il s’investira beaucoup plus dans la saison à venir, non seulement dans la direction mais également dans l’écriture, le planning, etc.

Cinemaniacs : La série a connu une chute d’audience en fin de deuxième saison. Comment expliquez-vous cela ?

J. Terry : Je ne connais pas les vraies raisons de notre baisse d’audience mais le résultat est que nous étions souvent en retard dans le tournage. Les épisodes étaient diffusés par deux ou trois le même soir et puis plus rien pendant quelques semaines ou des rediffusions. Les gens se sont probablement lassés de ce système. Mis à part le retour de J.J., le planning de cette troisième année sera fort différent aux USA. La production a décidé de diffuser les 6 premiers épisodes successivement, ensuite profiter d’une pose de quatorze semaines pour présenter de nouvelles séries de ABC – et ainsi leur faire bénéficier d’une case horaire de choix – et ensuite reprendre Lost jusqu’à son 22ème épisode. Ils espèrent ainsi ne pas perdre l’attention du public.

Cinemaniacs : Qu’est-ce que Lost et son succès vous a apporté de plus ?

J. Terry : Je fais plus d’interviews. (rires) Je ne sais pas si Lost m’a réellement apporté plus. Je ne vis pas à Los Angeles et je ne participe pas à leur jeu de courbettes. Tout ce que je peux dire est que c’est évidemment une série très suivie par l’industrie et que je suis inévitablement tombé dans le radar de certains producteurs qui ne m’auraient jamais connu autrement. Les scénarios de Lost sont extraordinaires. Ils m’ont offert la possibilité de vivre des situations que je n’ai jamais connues sur 24 heures Chrono ou sur Urgences. Je ne dis pas qu’une série est meilleure que l’autre mais simplement que Lost a été la plus riche à ce jour.

Cinemaniacs : Lost nous réserve encore pleins de secrets. Quelle est votre théorie sur l’existence de l’île ?

J. Terry : Je me suis rendu récemment à une convention. C’était ma première. Une personne du public m’a interpellé à ce sujet lors d’un questions-réponses. Nous avons envisagé l’existence de plusieurs niveaux de réalité. Ce que j’ai trouvé très intéressant. Il est difficile de croire que 45 personnes ont survécu le crash d’un avion…

Cinemaniacs : L’une des théories sur le net est qu’ils sont déjà tous morts…

J. Terry : Exactement. Je pense qu’ils sont déjà morts et qu’ils co-créent cette réalité à partir de leurs propres peurs, désirs et attentes. Maintenant, lorsqu’on fait attentions aux premiers épisodes, il est évident que la vie continue autour d’eux. Ce qui réfuterait la thèse d’une réalité parallèle et laisserait davantage place à la possibilité d’une simple conspiration gouvernementale…

Cinemaniacs : Vous serez prochainement à l’affiche de Zodiac, de David Fincher. Pouvez-vous déjà nous en dire quelques mots ?

J. Terry : Bien sûr. Je ne pense pas que le film soit un gros secret. Personne ne m’a ordonné de la fermer, en tous cas. Je viens de terminer certains ADR. Je n’ai pas vu grand-chose du film. C’est David Fincher ! Il est probablement ce qui se rapproche le plus de mon travail avec Stanley Kubrick. Il a une connaissance incroyable de tous les aspects de la mise en scène. Son sens de l’histoire est remarquable. Le film offre d’excellentes interprétations de Robert Downey Jr, Jake Gyllenhaal, Mark Ruffalo et Anthony Edwards. Ce fut un très long scénario à tourner mais je ne sais pas exactement combien de temps durera le film.

Cinemaniacs : Zodiac est le premier long métrage entièrement tourné en digital. Est-ce si différent pour un acteur de tourner de cette manière ?

J. Terry : C’est tout à fait différent. C’est une expérience. Tout va plus vite. On a l’habitude de devoir prendre son temps entre les prises pour que les techniciens préparent le cadrage, la lumière, etc… Ici, ce n’est pas le cas. Il suffit d’effacer la scène et de recommencer. Une autre différence est la possibilité de voir une scène à peine tournée comme le public la verra et non sur un petit écran de rien du tout, où l’on ne voit que la moitié des visages. On voit tous les détails de sa performance. Ce qui peut être effrayant pour un acteur. (rires)

Cinemaniacs : Que vous réserve le futur ?

J. Terry : Je ne sais pas. Je suppose que je serai toujours dans Lost… On ne sait jamais dans combien d’épisodes on apparaîtra. Et puis, tout à coup, on reçoit un coup de fil pour savoir si on est libre. C’est très difficile à dire. Et plus particulièrement cette saison parce qu’il y a tant de nouveaux personnages à développer, notamment les Autres. Je ne sais pas comment ils vont aborder leurs passés. Vont-ils le faire à travers un épisode pour chaque personnage ? Ce serait un peu redondant, je pense.

Cinemaniacs : Vous avez encore en suspens votre relation avec Ana-Lucia et le fait que vous l’ayez engagé pour retrouver votre fille en Australie…

J. Terry : Oui, j’ai beaucoup aimé cette histoire car cela m’a permis d’avoir une trame propre. Même si elle est toujours liée à Jack… Je n’ai aucune idée de comment cela va finir. Et je ne m’en préoccupe pas. Je n’ai pas besoin de connaître tous les secrets…