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Rencontre avec nos stars préférées



Ronald D. Moore

Caprica


"La première saison d’une série est toujours un défi."


Propos recueillis à Bruxelles par Laurent De Groof ©. (mars 2010)





Cinemaniacs : Après le succès de Battlestar Galactica, pourquoi avez-vous décidé de continuer dans cet univers ?

Ronald D. Moore : L’idée de Caprica est née durant le tournage de Battlestar Galactica. Cela faisait quelques années que David Eick et moi-même discutions de faire une série soeur. Nous avions toujours dit que si elle devait se faire, elle serait basée sur la création des Cylons. Parallèlement à cela, le scénariste Remi Aubuchon a proposé aux studios Universal une idée de série sur l’intelligence artificielle. Les studios ont alors proposé de nous rassembler afin d’en parler. De cette rencontre est née Caprica.

Cinemaniacs : Etait-il aussi difficile de lancer Caprica que Battlestar Galactica ?

R.D. Moore : Ce fut une approche très différente. Battlestar Galactica a été développé comme une mini-série, que je considère comme le pilote. Il y avait beaucoup de discussions à l’époque. Nous ne savions pas si cela allait fonctionner, nous ne savions pas quelle serait la réaction du public,... Mais dès que le concept fut lancé, tout s’est très rapidement mis en place. Pour Caprica, et ce malgré le succès de BSG, nous avons pris beaucoup plus de temps pour tout positionner. Il nous a fallu un an pour réaliser le pilote après son écriture et puis encore une année avant de pouvoir en faire une série. Ce fut deux expériences très différentes.

Cinemaniacs : Vous avez terminé Battlestar Galactica l’année dernière avec The Plan. Quel est votre plan pour Caprica ?

R.D. Moore : Nous n’avons pas encore d’idée précise où nous allons finir avec Caprica. Je n’aurais certainement pas pu vous le dire non plus à la fin de la première saison de Battlestar Galactica. A présent, on attend de voir les réactions et comment on va développer les histoires.

Cinemaniacs : Vous avez décrit Caprica comme le nouveau Dallas dans l’espace...

R.D. Moore : Oui, c’est la meilleure façon de décrire la série. Caprica est avant tout un drame basé sur des personnages. La série parle de famille, de politique, de business,... Qui plus est, la série porte aussi le nom d’une ville. Dallas me semble le meilleur exemple pour décrire Caprica. (rires) C’est une belle analogie.

Cinemaniacs : Pensez-vous que la science-fiction soit le meilleur moyen de raconter des histoires dramatiques ?

R.D. Moore : Je ne sais pas si c’est le meilleur moyen mais c’est une très bonne façon d’arriver à ses fins. La science-fiction permet d’aborder de nombreux sujets sociaux et / ou controversés. On peut se permettre plus de choses. Nous avons pu parler de politique et de religion dans Battlestar Galactica comme aucune autre série à la télévision n’avait encore pu le faire. Le genre de la science-fiction nous offre une grande liberté.

Cinemaniacs : Depuis le succès de Battlestar Galactica, avez-vous rencontré Glen Larson (ndlr créateur de la première série en ’78) ?

R.D. Moore : Non, je ne l’ai finalement jamais rencontré. Il a été très négatif par rapport au remake de la série. Nous avons donc décidé de rester chacun de notre côté.

Cinemaniacs : Caprica introduit l’utilisation de mondes virtuels. Quel serait votre monde virtuel idéal ?

R.D. Moore : Si je pouvais créer mon propre univers virtuel, je pense que je recréerais une page d’histoire. J’aimerais explorer le passé afin d’expérimenter la montée au pouvoir de Rome, la deuxième guerre mondiale, etc. Je suis fasciné par l’histoire.

Cinemaniacs : On a dit de vous pendant de nombreuses années que vous étiez l’expert en Klingon. Etes-vous à présent l’expert en Cylon ?

R.D. Moore : (rires) J’en fais certainement partie. Mais nous avons plusieurs experts en la matière sur le tournage. (rires)

Cinemaniacs : Pouvez-vous nous parler de Virtuality, le pilote créé entre BSG et Caprica ?

R.D. Moore : Virtuality était un pilote de deux heures pour la Fox. Malheureusement, il n’a pas été choisi pour devenir une série. J’en suis navré car j’étais convaincu que c’était un matériel de qualité. J’étais prêt à continuer. Nous avons tourné le pilote juste après la fin de Caprica.

Cinemaniacs : Parlez-nous de votre expérience de réalisateur sur Caprica...

R.D. Moore : J’ai adoré réaliser. J’ai dirigé le deuxième épisode de la saison. J’ai travaillé avec de nombreuses personnes de l’équipe de Battlestar Galactica. Je me suis vraiment amusé. J’ai trouvé cela étonnament reposant. Un producteur / scénariste est occupé à plein temps. Il faut répondre au téléphone, faire des réunions, écrire des histoires, suivre le montage,... Un réalisateur se contente de se rendre sur le tournage et de filmer les scènes de la journée. Ce fut très libérateur pour moi et très amusant.

Cinemaniacs : L’élément clé de Caprica est ses personnages. Avez-vous été impliqué dans le casting ?

R.D. Moore : Oui, je me suis beaucoup impliqué. Il y a eu énormément d’auditions et de rencontres. Nous avons eu beaucoup de chance de réunir un casting aussi complet. Ce fut une excellente expérience. Nous espérions avoir un ensemble d’acteurs aussi bons que Battlestar Galactica et je pense que c’est le cas.

Cinemaniacs : Vous avez déjà fait appel à certains comédiens de Battlestar Galactica pour Caprica (ndlr dont Luciana Carro – qui interprétait Louanne « Kat » Katraine). Pouvons-nous nous attendre à voir d’autres acteurs de la série ?

R.D. Moore : Nous avons définitivement l’intention d’utiliser certains comédiens de Battlestar Galactica mais probablement pas des personnages principaux.

Cinemaniacs : Quel fut votre plus grand défi sur Caprica ?

R.D. Moore : Le défi général est de garder les histoires divertissantes. Il faut, comme sur tout autre série, continuer à faire avancer la trame principale tout en maintenant l’intérêt des personnages. Caprica est une série complexe avec de nombreuses sous-histoires. La première saison d’une série est toujours un défi car il faut décider de l’essence de la série.

Cinemaniacs : Vous vous devez aussi de respecter les fans de Battlestar Galactica...

R.D. Moore : Oui, en effet. Cela fait partie des défis. Nous avons décidé de rester fidèle à l’histoire mais il ne faut pas oublier qu’il ne s’agit pas de Battlestar Galactica. Ce n’est pas la même série. Il faut l’approcher avec un esprit ouvert et essayer de l’apprécier pour ce qu’elle est.

Cinemaniacs : En tant que scénariste, vous êtes surement conscient que les fans vont faire attention à chaque erreur dans la ligne du temps...

R.D. Moore : Bien sûr. Je suis habitué à cela par mon travail sur Star Trek. Les fans vont toujours vous regarder attentivement. Les erreurs sont inévitables.

Cinemaniacs : Quelles leçons avez-vous retenues de votre longue expérience sur Star Trek ?

R.D. Moore : J’ai surtout appris à travailler avec des groupes de scénaristes. J’ai appris comment devenir un scénariste de télévision, comment créer des personnages, des histoires. J’ai retenu une structure de travail. J’ai commencé dans la production. J’ai aussi appris à faire des choses que je ne pouvais pas faire. A la fin de ma carrière au sein de Star Trek, j’avais atteint les limites de ce que je pouvais faire pour la série. Lorsque j’ai commencé Battlestar Galactica, je me suis directement mis à briser les règles de Star Trek comme la mise en image, l’utilisation de la musique, l’écriture des personnages, etc.

Cinemaniacs : Alessandra Torresani (ndlr Zoe Graystone dans Caprica) a déclaré que vous saviez comment le monde allait finir...

R.D. Moore : (rires) Oui, je le sais... Mais j’ai décidé de ne le divulguer qu’à un nombre restreint de personnes car je vais bientôt lancer ma propre religion. (rires)

Cinemaniacs : Etes-vous quelqu’un de religieux ?

R.D. Moore : Non, pas vraiment. J’ai été élevé dans la religion catholique. Je me suis intéressé à la religion orientale pendant un certain temps et puis je m’en suis éloigné.

Cinemaniacs : Le DVD de Caprica est sorti avant la diffusion de la série. Pouvez-vous nous en dire davantage ?

R.D. Moore : C’était une décision des studios et de la chaîne. C’était nouveau. Ils voulaient sentir l’intérêt pour la série à la fin de Battlestar Galactica. Nous avons pas encore pu bien ressentir si c’était une bonne approche mais je la cautionne totalement. C’est une excellente stratégie.

Cinemaniacs : Où en êtes-vous dans la série ?

R.D. Moore : Nous venons juste de terminer le tournage du dernier épisode de la première saison. La moitié de la série a été diffusée aux Etats-Unis. Nous devrons certainement attendre l’été pour savoir si nous pourrons entamer une seconde saison.

Cinemaniacs : Vous avez de nombreux projets à votre actif, comme I Robot 2 et la préquelle de The Thing. Qu’en est-il exactement ?

R.D. Moore : J’ai écrit I Robot 2 mais le scénario est sur le banc de touche pour l’instant. Cela fait un certain temps que je n’en ai plus entendu parler. Je pense qu’on attend de savoir si Will Smith est d’accord de faire une suite. J’ai écrit une esquisse de The Thing. Un autre excellent scénariste a repris la main et la pré-production est en cours au Canada. Le tournage devrait bientôt commencer.

Cinemaniacs : Pensez-vous que la télévision soit le meilleur moyen actuellement pour raconter des histoires ?

R.D. Moore : Je crois que c’est le meilleur moyen pour un certain type d’histoires. Les drames sont excellents. Le format de plusieurs heures permet une approche approfondie des personnages. En terme d’action et de spectacle pur, la télévision n’est pas encore à la hauteur du cinéma. La TV connaît actuellement son âge d’or.

Cinemaniacs : Les épisodes de Caprica semble moins sombres que le pilote, notamment dans les scènes au V club...

R.D. Moore : Probablement. Nous ne voulions pas que Caprica soit trop sombre. C’était plus approprié pour Battlestar Galactica parce que la série évolue dans un univers post-apocalyptique. Les personnages sont constamment en fuite dans un vaisseau fermé. Caprica se déroule dans un monde en pleine activité. Il faut y avoir plus de couleurs, d’humour. C’est une série très différente.

Cinemaniacs : Comment compareriez-vous les humains avec les habitants de Caprica ?

R.D. Moore : Nous sommes très similaires. Ils sont quasi identiques malgré que leur technologie soit plus avancée. Nous partageons les mêmes problèmes. Nous avons d’autres perpectives mais nous traversons les mêmes épreuves.

Cinemaniacs : Les premiers épisodes ne nous montrent qu’un seul cylon. Pouvons-nous en espérer davantage ?

R.D. Moore : En finalité, nous devrions en voir beaucoup plus.

Cinemaniacs : Quel souvenir gardez-vous de Battlestar Galactica ?

R.D. Moore : Euh... Le souvenir de me balader sur les plateaux de tournage avec l’équipe, de m’asseoir dans le cockpit d’un viper,...